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21/03/2016

Prostitution - 2016

Élisabeth Badinter.png

Réponse aux lectrices et lecteurs peu sensibles aux couleurs du désir qui me somment de prendre position contre la prostitution ou encore pour d’autres d’estimer que je ne suis pas assez clair sur ce sujet

I

Liminaire

Assez régulièrement, je prends fait et cause aux coté des femmes dans le débat publique ce qui ne signifie pas que j’adhère mécaniquement à toutes les propositions émanant des cadres de nombreuses associations féministes y compris parfois celles pour lesquelles j’éprouve le plus de considération - en quelques mots : je m’exprime en toute indépendance, et aussi souvent que j’en ai envie -

I

Ma position,

puisqu’il s’agit bien de cela, est bien connue [ voir - *1 publié en 2010 ] depuis des années, bien longtemps avant que le gouvernement ne propose sur la prostitution une loi débile devenue sur un plan plus général la marque de fabrique de son inefficacité

[ à noter au crédit de cette gauche au pouvoir, une fois n’est pas coutume, le « mariage pour tous » puisqu’il donne les mêmes droits à tous les ressortissants de notre pays ]

Pour être encore plus clair, ma position peut de calquer sur celle de madame Élisabeth Badinter philosophe, femme de lettre, vraie féministe, vraie républicaine que pour ma part, et ce depuis plusieurs décennies, je considère comme l’Olympe de Gouges de notre époque contemporaine

I

Posture victimaire ?

Animée d’un état d’esprit de liberté et de justice, scrupuleusement Élisabeth Badinter ne craint jamais en rapport avec l’actualité de prendre parfois position contre des femmes ou des hommes qui se targuent de féminisme, en réalité enfermés, captifs d’idéologies dont les effluves révélées ont l’odeur des poubelles de la pudibonderie, en fait très éloignés de la volonté d’harmoniser les rapports, les relations pour réaliser dans les faits l’égalité entre les femmes et les hommes de notre temps

Philosophe préoccupée de l’intérêt réel dû à la condition humaine dont plus particulièrement la condition des femmes sans pour autant vu du seul préjugé tenter de faire accroire cette idée que toutes les femmes seraient ou sont les éternelles victimes de la domination masculine

I

La prostitution une affaire de femmes ?

Soucieuse de défendre l’essentiel des acquis historiques en préservant ce qui est était et reste majeur dans le combat féministe, c’est à dire pour la femme " la libre disposition de son corps " - en matière de prostitution dit-elle : " louer n’est pas vendre son corps " - et de faire observer que dans l’ensemble des personnes qui se prostituent environ 25 % sont des hommes - la prostitution des hommes escamotée ou extrêmement minorer ne doit rien au hasard, elle est due pour une large part à la volonté émanant d’association « féministes » de nier cette réalité pour mieux victimiser les femmes - par voie de conséquence cette question est profondément ignorée dans le projet de loi gouvernemental

I

Haro sur le mâle !

Il apparaît que ce projet de loi inspiré par l’injuste et débile terme de « prostituteurs », ce concept inventé par une partie des « féministes » n’est qu’un prétexte pour crier haro sur le mâle – somme toute un concept initié contre la sexualité des hommes, vise à essentialiser les hommes sous les couleurs les plus sombres, pour in fine en faire des délinquants sexuels à vie

En conséquence, le politicard ( ou la ) se saisi de l’opportunité, ( fin du fin ), pour se payer d’une loi inventée de toute pièce pour ne pas s’occuper de la seule chose qui compterait sans créer l’injustice : exiger des pouvoirs publics de tout mettre en œuvre efficacement pour en finir avec les proxénètes, car rien n’empêchera jamais une femme ou un homme de se prostituer - ni rien ne pourra jamais défaire la sexualité masculine dont la sexualité des femmes de plus en plus se rapproche ( dont le recours aux services sexuels d’hommes prostitués ) depuis que la contraception est entrée massivement dans les mœurs - n’en déplaise à « nos » hyper-sectaires pudibonds, dans les faits, même si la loi est adoptée et appliquée, ils perdront une partie qui toujours les dépasse - et hélas le proxénétisme y survivra, voire se renforcera...

I

Combien de femmes ou d'hommes sont en couple pour l'argent ? - qui songe à y aller voir ?

Femmes et Hommes ont des ressemblances, sont, ensemble, « porteurs du progrès de la condition féminine », en ce sens la réponse à faire contre une pudibonderie ambiante des plus nauséabondes favorable à cette loi [ ICI ] dans la mesure ou je partage sans réserve la position de madame Élisabeth Badinter, je propose en priorité à mes détracteurs, d’écouter son interviewe, certes pas récente, mais plus que jamais d’actualité - la position d’Élisabeth Badinter, vidéo :

http://blvids.free.fr/Elisabeth_Badinter_interdire_la_prostitution.webm

I

*1 : sur la prostitution en 2010 j’écrivais - En finir avec les idées reçues

http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2010/04/22/en-finir-avec-les-idees-recues.html

I

Suites 2: Réaliser un féminisme libertin

http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2016/03/18/realiser-un-feminisme-libertin-5775975.html

I

Suite 3 : le conflit la femme et la mère

http://laiciteetsociete.hautetfort.com/le-conflit-la-femme-et-la-mere/

Crab - 21 Mars 2016


07/10/2014

Prostitution

Athéisme,athéophobie,Crab,Élisabeth_Badinter,féminisme,féministes,prostitution,sexualités,législation,puritains_anglo-saxons,puritains,François_Hollande,Naja_Vallaud-Belkacem,Manuel_Valls

Réponse à une lectrice

JE partage ( comme dans de nombreux domaines ), sans faire fausse route, la position de madame Élisabeth Badinter :

°

Pourquoi êtes-vous défavorable à la pénalisation des clients de prostituées ?

'' La pénalisation, c’est la prohibition. Je préfère parler de prohibition plutôt que d’abolitionnisme, car c’est l’objectif des auteurs de la proposition de loi. Ils font référence à l’abolition de l’esclavage ! La vente d’un individu n’est pas comparable à la prostitution, qui est une mise à disposition de son corps à des fins sexuelles, que l’on peut accepter ou refuser dès lors que l’on n’est pas prisonnière d’un réseau. […]

 

Pourquoi, selon vous, les hommes sont-ils une "cible" de cette loi ?
Je ressens cette volonté de punir les clients comme une déclaration de haine à la sexualité masculine. Il y a une tentative d'aligner la sexualité masculine sur la sexualité féminine, même si celle-ci est en train de changer. Ces femmes qui veulent pénaliser le pénis décrivent la sexualité masculine comme dominatrice et violente. Elles ont une vision stéréotypée très négative et moralisante que je récuse

[ … ] '' - Élisabeth Badinter

 

Ci-dessous : reproduction de l'intégralité de l'interviewe :

Prostitution : " L’Etat n’a pas à légiférer sur l’activité sexuelle des individus "

Le Monde.fr - 19.11.2013

Elisabeth Badinter, 69 ans, est philosophe. Elle a souvent pris des positions à contre-courant sur les grands sujets de débats parmi les féministes: opposée à la loi sur la parité en 2000, elle est favorable à la grossesse pour autrui sous certaines conditions. Dans son dernier ouvrage, Le Conflit: la femme et la mère (Flammarion, 2010), elle dénonçait le retour du naturalisme et de la culpabilisation des mères.

 

Qu'avez-vous pensé de l'appel des "343 salauds", qui s'opposent à la pénalisation des clients de prostituées au nom du respect de la liberté?
C'était une intervention nécessaire, car je suis frappée du silence des hommes dans ce débat. Deux catégories d'individus ne s'expriment pas: les hommes, prochaines cibles de la loi, et les prostituées. La forme était contestable. Mais je n'ai pas de critiques sur le fond.

 

Pourquoi êtes-vous défavorable à la pénalisation des clients de prostituées?
La pénalisation, c'est la prohibition. Je préfère parler de prohibition plutôt que d'abolitionnisme, car c'est l'objectif des auteurs de la proposition de loi. Ils font référence à l'abolition de l'esclavage ! La vente d'un individu n'est pas comparable à la prostitution, qui est une mise à disposition de son corps à des fins sexuelles, que l'on peut accepter ou refuser dès lors que l'on n'est pas prisonnière d'un réseau. Leur argument est qu'il faut tarir la demande pour qu'il n'y ait plus d'offre. Je n'arrive pas à trouver normal qu'on autorise les femmes à se prostituer, mais qu'on interdise aux hommes de faire appel à elles. Ce n'est pas cohérent et c'est injuste.

 

La deuxième raison de mon opposition est que l'on prétend qu'il n'y a que la prostitution esclavagiste, dominée par les réseaux, où les femmes n'ont pas moyen de dire non. Mais il y a aussi des indépendantes et les occasionnelles, qui veulent un complément de ressources. Leur interdire de faire ce qu'elles veulent avec leur corps serait revenir sur un acquis du féminisme qui est la lutte pour la libre disposition de son corps. Même si c'est une minorité de femmes. Ce n'est pas une affaire de quantité mais de principe.

 

Pourquoi, selon vous, les hommes sont-ils une "cible" de cette loi?
Je ressens cette volonté de punir les clients comme une déclaration de haine à la sexualité masculine. Il y a une tentative d'aligner la sexualité masculine sur la sexualité féminine, même si celle-ci est en train de changer. Ces femmes qui veulent pénaliser le pénis décrivent la sexualité masculine comme dominatrice et violente. Elles ont une vision stéréotypée très négative et moralisante que je récuse.

 

Peut-on parler de choix lorsqu'on est dans une stratégie de survie?
Toutes les femmes qui ont besoin d'argent ne se prostituent pas pour survivre! Pour les victimes des réseaux, on ne peut plus parler de choix car il est quasiment impossible de revenir en arrière. La lutte contre l'esclavage des femmes doit donc être sans merci. Pour lutter contre les réseaux, il faut une condition sine qua non: que les prostituées puissent dénoncer leurs proxénètes à la justice sans craindre pour leur vie. Elles doivent être assurées de leur sécurité, d'avoir des papiers, et d'être aidée. La loi contient des dispositions en ce sens, mais qui me paraissent vagues. Quel est le budget? Comment le prévoir quand on ne connaît même pas le nombre de prostituées? Est-ce que la lutte contre les réseaux sera une priorité pour la police? Je n'ai pas le sentiment que cela soit le cas.

 

Vous acceptez que des femmes se livrent à un travail très pénible, avec parfois des séquelles psychologiques lourdes?
Je n'ai jamais pensé que la dignité d'une femme reposait sur la sexualité. Je suis favorable à la pédagogie sur la prostitution et les séquelles qui peuvent en résulter. Mais toutes les femmes n'ont pas le même rapport à leur corps. Dans certaines conditions, la prostitution est difficile à vivre, mais il y a des femmes pour lesquelles ce n'est pas aussi destructeur qu'on le dit. Je regrette qu'on n'entende pas davantage les prostituées. Elles seules sont habilitées à parler. Mais quand l'une affirme:
"Je le fais librement", on dit qu'elle ment et qu'elle couvre son proxénète. Ce sont les seuls êtres humains qui n'ont pas le droit à la parole.

 

Quelles seront les conséquences de la loi selon vous? Est-ce qu'elle va mettre fin à la prostitution?
Bien sûr que non. Je ne connais aucune prohibition qui fonctionne. Elle démultiplie le pouvoir des mafieux. Les prostituées disent qu'elles ont besoin de parler avec le client pour savoir qui il est. Elles apprennent à détecter les pervers. Dans la négociation, la prostituée peut dire ce qu'elle fait ou ne fait pas. Je suis inquiète pour celles qui vont passer par Internet: elles n'auront plus la possibilité de faire cet examen. Une loi qui veut venir au secours des plus faibles va en fait multiplier les dangers. D'ailleurs, la Norvège veut revenir sur la prohibition décidée en 2009.

 

L'Etat ne doit-il pas dire ce qui est acceptable ou non, comme lorsqu'il interdit la vente d'organes ou fixe un salaire minimum?
La vente d'organes est une mutilation définitive, le salaire minimum permet de lutter contre la misère. Ce n'est pas comparable. Sous prétexte de lutter contre les réseaux, c'est la prostitution qu'on veut anéantir. L'Etat n'a pas à légiférer sur l'activité sexuelle des individus, à dire ce qui est bien ou mal. Où commence et où finit la prostitution? Combien de femmes ou d'hommes sont en couple pour l'argent? Personne ne songe à aller y voir. On ne parle jamais de la prostitution masculine. Il y a aussi une misère sexuelle féminine et des femmes qui font appel à des prostitués. Il n'est plus alors question de domination masculine dénoncée par les auteurs de la loi.

 

La prostitution est-elle nécessaire pour l'assouvissement de certains besoins sexuels, faut-il en faire un métier comme un autre?
Oui, et c'est pour cela qu'on ne pourra pas l'éradiquer. Sur la légalisation, il faut être prudent. On voit qu'en Allemagne, les choses dérapent, les mafieux profitent de la reconnaissance de la prostitution. Il faut donc en faire une activité sécurisée, donner aux prostituées les droits qu'elles réclament, comme celui de s'associer ou de louer un studio. Je voudrais tellement qu'on arrête de traiter les prostituées comme des rebuts de l'humanité. Un certain discours bien-pensant ne peut que les enfoncer davantage dans l'humiliation.   Source : Le Monde.fr

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/11/19/prostitution-pour-elisabeth-badinter-l-etat-n-a-pas-a-legiferer-sur-l-activite-sexuelle-des-individus_3516272_3224.html

 

Suites : Le conflit la femme et la mère

http://laiciteetsociete.hautetfort.com/le-conflit-la-femme-et-la-mere/

Crab - 7 Octobre 2014

 

25/11/2013

Prostitution

Elisabeth-Badinter.jpg

 

Sur cette page, je reproduis une interviewe d'Élisabeth Badinter publiée dans '' Le Monde '' :

 

" L’État n’a pas à légiférer sur l’activité sexuelle des individus "

Le Monde.fr | 19.11.2013

Elisabeth Badinter, 69 ans, est philosophe. Elle a souvent pris des positions à contre-courant sur les grands sujets de débats parmi les féministes: opposée à la loi sur la parité en 2000, elle est favorable à la grossesse pour autrui sous certaines conditions. Dans son dernier ouvrage, Le Conflit: la femme et la mère (Flammarion, 2010), elle dénonçait le retour du naturalisme et de la culpabilisation des mères.

 

Qu'avez-vous pensé de l'appel des "343 salauds", qui s'opposent à la pénalisation des clients de prostituées au nom du respect de la liberté?
C'était une intervention nécessaire, car je suis frappée du silence des hommes dans ce débat. Deux catégories d'individus ne s'expriment pas: les hommes, prochaines cibles de la loi, et les prostituées. La forme était contestable. Mais je n'ai pas de critiques sur le fond.

 

Pourquoi êtes-vous défavorable à la pénalisation des clients de prostituées?
La pénalisation, c'est la prohibition. Je préfère parler de prohibition plutôt que d'abolitionnisme, car c'est l'objectif des auteurs de la proposition de loi. Ils font référence à l'abolition de l'esclavage ! La vente d'un individu n'est pas comparable à la prostitution, qui est une mise à disposition de son corps à des fins sexuelles, que l'on peut accepter ou refuser dès lors que l'on n'est pas prisonnière d'un réseau. Leur argument est qu'il faut tarir la demande pour qu'il n'y ait plus d'offre. Je n'arrive pas à trouver normal qu'on autorise les femmes à se prostituer, mais qu'on interdise aux hommes de faire appel à elles. Ce n'est pas cohérent et c'est injuste.

 

La deuxième raison de mon opposition est que l'on prétend qu'il n'y a que la prostitution esclavagiste, dominée par les réseaux, où les femmes n'ont pas moyen de dire non. Mais il y a aussi des indépendantes et les occasionnelles, qui veulent un complément de ressources. Leur interdire de faire ce qu'elles veulent avec leur corps serait revenir sur un acquis du féminisme qui est la lutte pour la libre disposition de son corps. Même si c'est une minorité de femmes. Ce n'est pas une affaire de quantité mais de principe.

 

Pourquoi, selon vous, les hommes sont-ils une "cible" de cette loi?
Je ressens cette volonté de punir les clients comme une déclaration de haine à la sexualité masculine. Il y a une tentative d'aligner la sexualité masculine sur la sexualité féminine, même si celle-ci est en train de changer. Ces femmes qui veulent pénaliser le pénis décrivent la sexualité masculine comme dominatrice et violente. Elles ont une vision stéréotypée très négative et moralisante que je récuse.

 

Peut-on parler de choix lorsqu'on est dans une stratégie de survie?
Toutes les femmes qui ont besoin d'argent ne se prostituent pas pour survivre! Pour les victimes des réseaux, on ne peut plus
parler de choix car il est quasiment impossible de revenir en arrière. La lutte contre l'esclavage des femmes doit donc être sans merci. Pour lutter contre les réseaux, il faut une condition sine qua non: que les prostituées puissent dénoncer leurs proxénètes à la justice sans craindre pour leur vie. Elles doivent être assurées de leur sécurité, d'avoir des papiers, et d'être aidée. La loi contient des dispositions en ce sens, mais qui me paraissent vagues. Quel est le budget? Comment le prévoir quand on ne connaît même pas le nombre de prostituées? Est-ce que la lutte contre les réseaux sera une priorité pour la police? Je n'ai pas le sentiment que cela soit le cas.

 

Vous acceptez que des femmes se livrent à un travail très pénible, avec parfois des séquelles psychologiques lourdes?
Je n'ai jamais pensé que la dignité d'une femme reposait sur la sexualité. Je suis favorable à la pédagogie sur la prostitution et les séquelles qui peuvent en
résulter. Mais toutes les femmes n'ont pas le même rapport à leur corps. Dans certaines conditions, la prostitution est difficile à vivre, mais il y a des femmes pour lesquelles ce n'est pas aussi destructeur qu'on le dit. Je regrette qu'on n'entende pas davantage les prostituées. Elles seules sont habilitées à parler. Mais quand l'une affirme: "Je le fais librement", on dit qu'elle ment et qu'elle couvre son proxénète. Ce sont les seuls êtres humains qui n'ont pas le droit à la parole.

 

Quelles seront les conséquences de la loi selon vous? Est-ce qu'elle va mettre fin à la prostitution?
Bien sûr que non. Je ne connais aucune prohibition qui fonctionne. Elle démultiplie le pouvoir des mafieux. Les prostituées disent qu'elles ont besoin de parler avec le client pour savoir qui il est. Elles apprennent à détecter les pervers. Dans la négociation, la prostituée peut dire ce qu'elle fait ou ne fait pas. Je suis inquiète pour celles qui vont passer par Internet: elles n'auront plus la possibilité de faire cet examen. Une loi qui veut venir au secours des plus faibles va en fait multiplier les dangers. D'ailleurs, la Norvège veut revenir sur la prohibition décidée en 2009.

 

L'Etat ne doit-il pas dire ce qui est acceptable ou non, comme lorsqu'il interdit la vente d'organes ou fixe un salaire minimum?
La vente d'organes est une mutilation définitive, le salaire minimum permet de lutter contre la misère. Ce n'est pas comparable. Sous prétexte de lutter contre les réseaux, c'est la prostitution qu'on veut anéantir. L'Etat n'a pas à légiférer sur l'activité sexuelle des individus, à dire ce qui est bien ou mal. Où commence et où finit la prostitution? Combien de femmes ou d'hommes sont en couple pour l'argent? Personne ne songe à aller y voir. On ne parle jamais de la prostitution masculine. Il y a aussi une misère sexuelle féminine et des femmes qui font appel à des prostitués. Il n'est plus alors question de domination masculine dénoncée par les auteurs de la loi.

 

La prostitution est-elle nécessaire pour l'assouvissement de certains besoins sexuels, faut-il en faire un métier comme un autre?
Oui, et c'est pour cela qu'on ne pourra pas l'éradiquer. Sur la légalisation, il faut être prudent. On voit qu'en Allemagne, les choses dérapent, les mafieux profitent de la reconnaissance de la prostitution. Il faut donc en faire une activité sécurisée, donner aux prostituées les droits qu'elles réclament, comme celui de s'associer ou de louer un studio. Je voudrais tellement qu'on arrête de traiter les prostituées comme des rebuts de l'humanité. Un certain discours bien-pensant ne peut que les enfoncer davantage dans l'humiliation - Fin de l’interviewe

 

[ Je fais mien ce point de vue : " L’État n’a pas à légiférer sur l’activité sexuelle des individus " - Crab ]

Suite :

http://laiciteetsociete.hautetfort.com/le-conflit-la-femme-et-la-mere/